Mandement (nom masculin, subst. masculin)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Écrit qu'un évêque fait publier dans l'étendue de son diocèse et par lequel il donne aux fidèles des instructions ou des ordres relatifs à la religion. "Mandement de l'archevêque de Paris, de l'évêque de Meaux."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Ordre par lequel on mande, on fait venir.
MÉZERAI: « Les vieilles cohortes des Caninefates et des Bataves, dont la garnison était à Mayence, mais qui avaient pris leur marche pour aller à Rome au de Vitellius »
BOILEAU: « Le monde cependant se rit de mes excuses, Croit que, pour m'inspirer sur chaque événement, Apollon doit venir au premier »

 2   Ordre publié de la part d'une personne qui a autorité et juridiction.
CORN.: « Au milieu de la nuit et du temps du sommeil, Je vois de mon trépas le honteux appareil ; J'en ai devant les yeux les funestes ministres ; On me lit du sénat les s sinistres »
    Si donnons en , formules que contenaient les lois, les lettres patentes, etc.
    Aujourd'hui on emploie une injonction analogue : Donnons en à nos cours et tribunaux, préfets, etc.

 3   Particulièrement. Écrit qu'un évêque fait publier dans l'étendue de son diocèse, et par lequel il donne aux fidèles des instructions ou des ordres relatifs à la religion.
MAINTENON: « On a été très content du que M. le cardinal a fait pour les prières publiques »
VOLT.: « Vous avez su que l'archevêque de Paris a donné un violent contre Jean-Jacques »
VOLT.: « Déjà un Anglais en France, un Berwick, évêque de Soissons, avait osé dire dans son célèbre de 1757 que les Turcs sont nos frères ; ce que ni Bossuet, ni Massillon n'avaient jamais eu le courage de dire »
VOLT.: « On n'avait jamais vu auparavant des chansons dans un d'évêgue ; celui d'Arles fit voir cette nouveauté ; il y avait dans ce une chanson contre le parlement de Paris »
D'ALEMB.: « Il [Lamotte] a fait jusqu'à des s d'évêques, à qui, comme de raison, il a bien gardé le secret, et qui ont encore eu plus de soin de le lui garder »

 4   La lettre, le billet qu'on donne à quelqu'un portant ordre à un receveur ou fermier de payer quelque somme (acception vieillie).

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Saxons, XXI: Quant il aura oï cel nostre
     Th. le mart. 66: E qu'à pape Alissandre de rien n'obeïreient, Ne pur ses mandemens nule rien ne fereient
    XIIIème siècle
BEAUMANOIR: « Noz avons dit que oblige celi qui le fet, envers celi à qui il fet le »
    XVème siècle
FROISS.: « Et là y devoient estre tous les seigneurs dessus nommés avec leur de chevaliers et d'escuyers, et le pouvoir des bonnes villes »
COMM.: « Venant devers luy à son »
     La Fontaine, 379: Moy qui suis nature appellée, J'ay donc la terre environnée Defors, dedans et au milieu ; En toute chose ay pris mon lieu Par de Dieu le pere
    XVIème siècle
O. DE SERRES: « Il ne faudroit qu'une couple de chevres abandonnées pour gaster tous les jardins et vignobles d'un [canton] »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. mandamen ; catal. manament ; espagn. mandamiento ; ital. mandamento ; du lat. mandare, mander.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Ordre par écrit et rendu public, de la part d'une personne qui a autorité et juridiction; ordonnance d'un supérieur, d'un juge, etc. "Le recteur de l'université de Paris donnait autrefois des s concernant les études et la discipline des colléges. Rollin a donné de bons s. Les jugements sont terminés par un aux officiers de justice, pour leur ordonner de les mettre à exécution. Délivrer à chacun des créanciers utilement colloqués, un pour toucher."
"Si donnons en ." Formule que contenaient les lettres patentes du roi. Les lois se terminent encore aujourd'hui par une injonction analogue: "Donnons en à nos cours et tribunaux, préfets, etc."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit particulièrement d'Un écrit qu'un évêque fait publier dans l'étendue de son diocèse, et par lequel il donne aux fidèles des instructions ou des ordres relatifs à la religion. "Mandement de l'archevêque de Paris, de l'évêque de Meaux."
Il signifie aussi, La lettre, le billet qu'on donne à quelqu'un, portant ordre a un receveur ou fermier de payer quelque somme. "Il a donné un de telle somme sur son fermier. Accepter un . J'ai payé selon votre ." En ce sens, il vieillit.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


Ordre par écrit et rendu public, de la part d'une personne qui a autorité et Juridiction; Ordonnance d'un Juge, d'un Supérieur, etc. Le de l'Archevêque, de l'Évêque. Le que les Élus ont envoyé pour les tailles. Le du Recteur de l'niversité. Le de la Ville.
Dans les Lettres Patentes du Roi, on dit,
Il signifie aussi La lettre, le billet qu'on donne à quelqu'un, portant ordre à un Receveur ou Fermier de payer quelque somme. "Il a donné un de telle somme sur son Fermier. Accepter un . J'ai payé selon votre mandement".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Ordre par écrit & rendu public, de la part d'une personne qui a autorité & Juridiction; Ordonnance d'un Juge, d'un Supérieur, &c. "Le de l'Archevêque, de l'Évêque. le que les Élus ont envoyé pour les tailles. Le du Recteur de l'Université. Le de la Ville. Il a fait cela selon le de l'Intendant."
Dans les Lettres Patentes du Roi, on dit, SI DONNONS EN MANDEMENT.
Il signifie aussi La lettre, le billet qu'on donne à quelqu'un, portant ordre à un Receveur ou Fermier de payer quelque somme. "Il a donné un de telle somme sur son Fermier. Accepter un . J'ai payé selon votre ."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

MANDER, v. a. et n. ["Mandeman", "mandé": 1re lon. 2e "e" muet au 1er, "é" fermé au second.] "Mander" c'est, 1°. faire savoir par lettres ou par messages. 'Je "lui ai mandé" cette nouvelle. 'Tout ce "que" vous "me mandez" est très-plaisant. "Sév."
- Il a quelquefois un troisième régime, comme le verbe "dire". 'Je ne sais rien de Philisbourg, que "ce que" je "vous en ai mandé". = "Neut." il régit le dat. des noms, et la prép. "à" et l'infinitif, ou "que" et le subjonctif des verbes. 'Je "lui ai mandé de venir", ou "qu'"il "vint".
- 2°. "Mander", avec le seul régime direct (l'acusatif) c'est doner avis ou ordre de venir. 'On "a mandé" tous "les" parents. 'Le Roi a "mandé le" Parlement. 'Il "a été mandé" à la Cour. = On dit aussi "mander son" cârosse, "ses" équipages, etc. doner ordre qu'on les envoie. = * "Mander", envoyer, est un gasconisme. 'Il ne "me mande" point d'"argent". Desgr. "Gasc. corr."
   MANDEMENT, ordre de la part d'une persone qui a autorité et juridiction. '"Le Mandement d'un" Évêque, "de" l'Intendant, "du" Recteur de l'Université. = On dit, en style de Chancellerie: '"Si donons en ", etc. = C'est aussi un billet qu'on done à quelqu'un, portant ordre à un Receveur ou Fermier de payer une somme mentionée dans le billet. 'Il a doné "un de" telle somme "sur" son Fermier. = Les Négocians disent en certaines places de Comerce, "mandat" au lieu de "mandement".



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. masculin 


Ordre par escrit & rendu public de la part d'une personne qui a authorité & jurisdiction. Ordonnance du Roy, d'un Juge, d'un Superieur &c. "Le de l'Archevesque, de l'Evesque. le que les Esleus ont envoyé pour les tailles. le du Recteur de l'Université. le de la Ville. il a fait cela selon vostre mandement". Dans les Lettres patentes du Roy on met, "Si donnons en ".
Il signifie aussi, La lettre, le billet qu'on donne à quelqu'un portant ordre à un Receveur ou Fermier de payer quelque somme. "Il a donné un " "de telle somme à un tel Marchand sur sa terre".




Emplacement dans le dictionnaire :

mandarinal
mandarinat
mandarine
mandarinier
mandat
mandataire
mandaté
mandater
mandatif

mander
mandibulé
mandibule
mandille
mandrier
mandriner
manege
manège
manégé
manége
mânes


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